6 juin 1944 Précieux documents

Posté par smpd le 30 août 2017

Un diaporama (pps) concernant le débarquement en Normandie avec des photos jamais vues.

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en
Normandie

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LA BATAILLE DU BOIS DES CAURES – VERDUN 1916

Posté par administrateur le 24 février 2016

 

C’est le 22 février 1916, en assurant la défense aux bois des Caures, que le colonel Driant fut tué.

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«De trois cotés, l’ennemi attaque … Le réseau de fil de fer, détruit à moitié, n’empêche pas les assaillants d’arriver jusqu’au parapet de la tranchée. On se bat d’abord à coups de fusil, puis la lutte continue à la grenade et enfin, à la baïonnette et à coups de crosses »L’ennemi est maître de toute la partie sud du bois Carré et les défenseurs qui tenaient en échec les colonnes d’assaut sont pris à revers.

 

L’avance des Allemands a été aidé par les brassards que portaient des troupes d’assaillants sans armes, lesquels avaient, par surcroît, des capotes grises assez semblables aux capotes françaises. Le moment venu, ces « brancardiers » savaient trouver les armes dont ils avaient besoin et se changer en combattant.

 

En cette journée du 21, la poussée a été violente, certes, les pertes cruelles, mais les kilomètres escomptés, c’est une bande de quelques centaines de mètres qui tombe au pouvoir de l’ennemi.

 

Dès 8 heures du soir, une vingtaine de volontaires se lance à l’assaut de S7. La surprise des allemands les fait fuir. D’autres soldats français progresse et reconquière une partie du terrain perdue. Les français se battaient à un contre trois et certaines fois à un contre vingt.

 

Sous la neige qui tombe, la nuit du 21 au 22 s’est passé à resserrer nos réserves.

 

« En suivant le boyau d’Haumont, nous sommes pris d’enfilade par les obus allemands. Ce boyau est rempli de cadavres à différents endroits. Des mourants sont là, dans la boue, râlant, nous demandant à boire ou nous suppliant de les achever. LA neige continue à tomber, l’artillerie nous cause à chaque tirs des pertes. Quand nous arrivons à l’ouvrage B, il ne reste plus que 17 hommes sur les 39 au départ. »

 

A 4h40, le 22, le bombardement s’amplifie, achevant de combler les tranchées, semant la mort. Pendant la nuit, les Allemands ont réussi à s’emparer de nouveaux éléments de tranchées, les nôtres, trop peu nombreux, n’ont pu se porter sur tous les points menacés.

 

La lutte a repris dès la fin des bombardements. De même que ce bombardement a été particulièrement violent sur le bois, l’attaque va être, elle aussi violente et menée non seulement de front, mais sur les deux fronts.

 

S6, S7 et S8 sont entourés et attaqués au lance-flammes et à la grenade, tous ces postes tombent et permettent à l’ennemi de prendre à revers l’ouvrage R1. C’est à R2 que le colonel Driant se tient.

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Vers 15 heures, une formidable ruée se produit sur R3. Dans les tranchées qui entourent R2, le colonel Driant se tient avec huit sections, environ 120 chasseurs. Chasseurs, pionniers, télégraphistes, agents de liaison, cuisiniers, plantons, artilleurs et mitrailleurs, tout le monde est en ligne.

 

« Les shrapnells éclatent toujours au-dessus de nos têtes et la fusillade est très forte en première ligne. Des soldats allemands apparaissent de plus en plus nombreux.

 

 Nous continuons toujours de tirer, chaque apparition disparait sous nos feux. Nous tenons toujours, mais nos rangs commencent à s’éclaircir.

 

Un obus qui nous vient de l’arrière éclate au dessus de nos têtes, puis un autre … Nous croyons que ce sont nos canons qui tirent trop court. Mais bientôt, voici des mitrailleurs qui s’adresse au colonel, l’informant qu’une pièce de 77 allemande est installée sur la route de Ville.

 

Le colonel Driant, sans manifester le moindre étonnement, leur dit :

 

- Mes amis, c’est bien simple, vous allez mettre votre pièce en batterie juste devant la route et je ne donne pas une minute à ces artilleurs. »

 

La mitrailleuse, bientôt en place, ne résiste pas à un obus du 77. Il est 16 heures, et le colonel Driant ordonne la retraite mais il ne marque pas grand ‘hâte à quitter le bois.

 

« Je venais de me laisser tomber dans un trou d’obus, lorsqu’un sergent qui accompagnait le colonel Driant et le précédait d’un pas ou deux se laissa tomber dans le même trou que moi.

 

Après l’avoir vu sauter dans le trou, j’ai vu nettement le colonel Driant sur le rebord même de ce trou d’obus faire le geste d’étendre les bras en disant : « Oh ! là, mon Dieu », puis faire un demi-tour sur lui-même et s’affaisser en arrière, face au bois.

 

De l’intérieur de notre trou, son corps allongé ne nous était plus visible à cause des terres rejetées tout autour. Nous nous efforçâmes de dégager la terre à l’aide de nos mains. Dès qu’une ouverture fut suffisante, nous avons pu voir le colonel.

 

Il ne donnait plus signe de vie, le sang lui coulait d’une blessure à la tête. A ce moment, il devait être 16h30. »

 

Le XVIII éme corps d’Armée allemande, avait reçu l’ordre d’enlever à tout prix le bois des Caures. Aidé de deux corps voisins, c’est trois corps d’armée qu’il fallut pour venir à bout de deux bataillons de chasseurs de Driant au Bois des Caures.

 

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Dien Bien Phu: faute stratégique ou bonne idée qui a mal tourné

Posté par administrateur le 24 octobre 2015

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10 Juin 1944 Le massacre d’Oradour-sur-Glane

Posté par administrateur le 11 juin 2015

http://www.francetvinfo.fr/societe/oradour-sur-glane/video-oradour-sur-glane-les-raisons-du-massacre_403481.html

 

Le massacre d’Oradour-sur-Glane est la destruction, le 10 juin 1944, de ce village de la Haute-Vienne, situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Limoges, et le massacre de sa population (642 victimes), par un détachement du 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer appartenant à la Panzerdivision Das Reich de la Waffen-SS. Il s’agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes, assez semblable à ceux de Marzabotto, ou de Distomo(ce dernier perpétré lui aussi le 10 juin 1944), qui transposent sur le front de l’Ouest des pratiques courantes sur le front de l’Est.

 

 Oradour-sur-Glane_Maison_et_Voiture

 

Ces événements marquèrent profondément les consciences ; leurs conséquences judiciaires suscitèrent une vive polémique, notamment à la suite de l’amnistie accordée aux Alsaciens « Malgré-nous » qui avaient participé au massacre. Depuis 1999, le souvenir des victimes est célébré par le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, situé non loin des ruines du village à peu près conservées en l’état.

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POEME INDOCHINE

Posté par administrateur le 30 mai 2015

 

A MON AMI

Tu gis dans ma mémoire, comme dans cette poussière éternelle,

Entre les Huguette, Claudine, Béatrice, Junon, Eliane et Isabelle,

Points d’appui de Diên Biên Phu au coeur du pays thaï.

Dans l’allée bordée par la Nam-Youn et la grouillante RP 41.

Peu d’années auparavant, la promo 16 nous avait réunis.

Toi déjà calme et serein, et ma pomme encore jeune galopin.

Puis, trois ans après, ce cher macaron tant convoité affermi,

 

Le 24 mars 1954, vers 15 h 15, dans cette cuvette de preux

Le hasard capricieux me fit assister à ton tout dernier adieu.

 

Le temps était beau, réduite la visibilité par brume sèche.

Soudain, là devant moi, le Delta Whisky au nez bleu roi,

Bascula sur son aile droite en feu, toi à son bord, flammèche.

Double ironie du sort. Déjà Béarnais dans l’esprit et le coeur,

L’espace d’un éclair, je vis, le Tonkin recevoir dans ses flancs

Une partie détachée, meurtrie et mourante du Groupe Béarn.

 

Province sublime où, bien longtemps après toi, je reposerai,

Sous les regards de femmes toutes aussi divines : Marie-Blanque,

Marguerite de Béarn, de Navarre, Isabelle II et Jeanne d’Albret.

 

Lamentable, désastreux, homicide, que certain ministre si flexible,

Avec pleins pouvoirs de son Président, n’ait voulu tenir compte,

Pour quelles raisons ?… Des propositions si éclairées, si habiles

Des trois chefs d’Etat-Major, d’évacuer Mau* en février la cuvette.

 

Tu serais encore vivant mon ami, avec toi des milliers d’autres.

C’était du temps où la France, françait, où elle était toute autre.

 

Les bons souvenirs durent longtemps, Les mauvais plus encore.

Jacques CARLON G.T. 2/62 Franche-Comté.

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9 mars 1945 : Coup de force japonais en Indochine

Posté par administrateur le 25 mars 2015

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Le 9 mars 1945, vers 20 heures, le Japon éliminait sauvagement par une attaque surprise la présence française en Indochine.

Près d’un siècle d’administration balayé en une nuit !

L’attaque surprise japonaise, minutieusement préparée, déclenchée sensiblement à la même heure sur tout le territoire de la Fédération Indochinoise, c’est à dire au Tonkin, en Annam, en Cochinchine, au Cambodge et au Laos, fut extraordinaire par sa rapidité. Foudroyante. Elle frappa de stupeur l’ensemble de la population et abouti à l’élimination immédiate de toutes les autorités civiles et militaires en place.

Quarante huit heures plus tard, le 11 mars, l’empereur Bao Dai, soumis à de fortes pressions, proclame l’abolition du protectorat français et le droit de son pays, le futur Vietnam, à l’indépendance.

Ce coup de poignard, aux prolongements et aux conséquences considérables, a été un acte prémédité, perpétré à dessein. Il a été aussi, pour le Japon, le dernier et tragique exploit d’une aventure militaire désormais condamnée.

L’histoire ne se refait pas. On peut le regretter. En effet, l’amiral Jean Decoux, Gouverneur Général de la Fédération Indochinoise, en dépit des épreuves et de l’action funeste des nippons, avait maintenu, avec de faibles forces, la souveraineté française pendant les cinq difficiles années de guerre.

Les trois souverains de la Fédération Indochinoise, l’empereur d’Annam, le roi du Cambodge, le roi du Laos et des millions d’indochinois, étaient restés fidèles à la France blessée et pourtant si lointaine.

Une fidélité non imposée par la force, en réalité inexistante, ou la contrainte, mais basée sur l’estime et la confiance en un avenir meilleur.

Il s’en est fallu, hélas !, de quelques vingt semaines, pour que l’amiral Decoux ne remette à la France une Indochine fidèle et heureuse et ne devienne par la suite, libérée de l’emprise coloniale, dans l’esprit de l’important discours de Brazzaville du général de Gaulle, grâce à ses ressources le pays le plus riche du Sud-est asiatique avec l’aide de la France.

Mais le destin de l’Indochine a été tout autre.

Par sa situation géographique au cœur du Sud-est asiatique, la péninsule indochinoise présentait une importance capitale pour le Japon en guerre avec la Chine depuis 1937. En conflit ensuite avec les Etats-Unis, après l’attaque de Pearl Harbour, en décembre 1941, ils ont occupé successivement Hong Kong, la Malaisie, Singapour et les Philippines.

La promenade militaire à laquelle l’Etat-major nippon croyait au début de son conflit avec la Chine, s’était transformée avec les années en lointaines marches forcées de plus en plus suicidaires : les japonais n’ont jamais pu s’emparer de Tchongking, la capitale de guerre de Tchang Kai Cheik. Ils se sont heurtés et arrêtés aux gorges du fleuve Yang Tse Kiang.

Le blocus des côtes chinoises s’étant avéré insuffisant, inopérant malgré l’occupation des provinces limitrophes de la frontière sino-tonkinoise, l’Empire du Soleil Levant profita alors, du fait que la France avait un genou à terre, pour franchir une nouvelle étape. Il obtint très vite et facilement par la voie diplomatique, dès le mois de juin 1940 la fermeture de cette frontière sino-tonkinoise, à l’époque voie principale de ravitaillement par le chemin de fer Haiphong-Yunnanfu, via Laokay, des troupes nationalistes du maréchal Tchang Kai Cheik, puis à partir de septembre de la même année après l’attaque brusquée du poste frontière de Dong Dang et de Lang Son, l’occupation progressive de toute l’Indochine à laquelle l’amiral Decoux, successeur infortuné du général Catroux, ne put s’opposer.

Il ne put empêcher également, le rapport des forces en présence étant nettement en faveur des japonais, leur coup de force du 9 mars 1945.

Pourtant des plans de défense définissant la conduite à tenir face aux japonais avaient été élaborés.

Aussi surprenant et incroyable que cela puisse paraître, le Haut Commandement militaire français se laissa surprendre. Il ne prit pas suffisamment au sérieux les menaces nipponnes.

Cependant de nombreux indices auraient du l’alerter.

Dès la fin du mois de février 45 des informations obtenues par la Sûreté indiquaient que la fête du Têt ne se terminerait pas sans que les japonais ne prennent en main le contrôle de toute l’administration de l’Indochine. En 1945 les festivités du Têt s’achevaient le 10 mars.

Le 8 mars dans l’après-midi la Sûreté reçoit des informations très précises : le commissaire Fleutot porte lui-même ces renseignements au chef du B.S.M. (Bureau Sécurité Militaire) et au Chef d’Etat-Major de la division du Tonkin.

Toutes les Autorités civiles et militaires sont informées de ces indices.

Le général Mordant paraît sceptique et n’apporte que peu de crédit aux indications de la sûreté. Il avait été, bien qu’étant à la retraite, à l’insu du Gouverneur Général, désigné pour organiser la résistance, ses directives venant du Gouvernement provisoire d’Alger.

Le général Aymé, Commandant Supérieur des Troupes en Indochine, a une attitude identique. Il semble peu intéressé par les renseignements que lui transmet son chef d’Etat-Major…  » Il baille à plusieurs reprises et s’impatiente…  » Ils sont qualifiés de romans par son entourage.

Le général Sabatier responsable au Tonkin, est le seul à considérer avec sérieux les renseignements de la sûreté. Il prend aussitôt des mesures de précautions et gagne dans la nuit du 8 au 9 mars son PC de campagne à Phu Doan (100 kms au nord ouest d’Hanoi). Les troupes du Tonkin sont placées en état d’alerte le 9 en fin de matinée, puis «   quartier libre  » à partir de 15 heures !

A 20 heures les japonais attaquent… ! !

Par légèreté, incrédulité et imprévoyance, la Haut Commandement est surpris, mis hors de combat avant même que l’attaque japonaise ne se déclenche.

Sur tout le territoire, dans les grandes villes, la plupart des officiers sont faits prisonniers par traîtrise : soit après avoir été invités à déjeuner ou à partager un apéritif, en levant un verre à la gloire du maréchal Pétain et à l’amitié éternelle franco-japonaise, soit interceptés à domicile ou en rejoignant leurs unités..

A Saigon, le Gouverneur Général, le général Delsuc, et l’amiral Bérenger, sont tous les trois capturés à 20 heures 30, sans pouvoir offrir la moindre résistance, à l’issue d’une dernière tentative de négociations prétendument faite pour éviter un bain de sang.

Les exigences nippones étaient inacceptables : elles imposaient une collaboration militaire entre le gouvernement général et le Japon.

Voici un extrait de l’ultime rencontre entre l’amiral Decoux et l’ambassadeur japonais Matsumoto.

Matsumoto : « Je tiens à vous rappeler qu’une réponse favorable aux différents points de l’aide mémoire est attendue pour 21 heures par l’autorité militaire nippone. Si cette réponse ne lui parvient pas en temps voulu, il pourra en résulter une situation grave. Les troupes japonaises seraient dans ce cas obligées d’opérer par surprise…Avez-vous songé au sort des 40,000 français qui sont en Indochine…? »

Decoux : « Voulez-vous dire par là, Excellence, que des représailles pourraient être exercées sur les français d’Indochine ? S’il en était ainsi le Commandement nippon et votre gouvernement en assumeraient alors l’entière responsabilité non seulement devant l’Indochine et la France mais aussi devant le monde entier… »

Monsieur Matsumoto ne souffle mot. Il quitte les lieux à 20h 15. Pendant ce temps-là, ici et là, depuis 20 heures sur tout le territoire les japonais sont passés à l’attaque. La résistance de nos troupes fut tenace, héroïque même. Quoique décousue et vouée à l’échec !

. Finalement toutes les troupes françaises basées en Indochine furent internées à l’exception de quelques isolés qui s’égaillèrent pour peu de temps dans la nature. Seul, le groupement du général Alessandri, parti de Tong, parvint à travers la jungle et les forêts de la haute région tonkinoise à gagner la frontière chinoise, après une longue et pénible marche de plus d’un mois et de nombreux combats d’arrière garde, il fut, à peine arrivé, désarmé et quasiment interné !

Des commandos composés d’hommes formés à la guérilla furent parachutés pour agir sur les arrières japonais. Mais, avec l’appui de la population contrainte par les japonais, dénoncés, ils furent presque tous capturés et mis hors de combat rapidement. Les rescapés de cette suicidaire équipée, dans des conditions difficiles, pénibles, franchirent à leur tour après quelques semaines de brousse la frontière chinoise. Certains maquis au Laos avec le soutien bienveillant des laotiens ont pu survivre jusqu’à la fin des hostilités.

Le comportement des japonais après leur éclatante et facile victoire fut très inégal. Il varia selon le degré de résistance des troupes françaises.

Certaines garnisons furent entièrement massacrées, leurs chefs décapités, les femmes violées. La population française fut très rapidement regroupée dans les cinq ou six principales grandes villes. Etroitement surveillée, entassée pêle-mêle par familles entières dans des bâtiments publics, les lycées, les hôtels, les résidences réquisitionnées.

Au Tonkin, de très nombreux prisonniers seront dirigés sur les camps de la mort de Hoa Binh, pour y demeurer jusqu’au mois d’août dans des conditions épouvantables.

Les résistants dont les listes étaient entre les mains des japonais furent pour la plupart atrocement torturés par la Kempétaï, l’équivalent de la Gestapo.

Le bilan précis et total des pertes subies par les Troupes françaises ne pourra jamais être établi. Il est estimé à plus de 2.000 tués et disparus pour les seuls européens. Le nombre des blessés et des malades par épuisement est impossible à déterminer.

Les massacres, les viols, les humiliations ne durèrent fort heureusement que cinq mois.

Après la première bombe atomique sur Hiroshima le 6 août et la deuxième bombe le 9 août sur Nagasaki, le Japon capitule sans conditions.

En Indochine des dizaines de milliers d’hommes et de femmes doivent leur vie à l’effrayante bombe de mort.

Etaient-elle nécessaire ? pour que le Japon capitule.

Je pense que c’était nécessaire.

Certains prétendent encore aujourd’hui qu’il aurait suffit de larguer une bombe atomique dans la mer au large des côtes japonaises pour obtenir la capitulation du Japon. Les effets effrayants de la bombe disent-ils auraient fait réfléchir les chefs militaires nippons. C’est méconnaître la farouche et aveuglante détermination d’un certain nombre de Hauts Responsables à refuser la défaite.

Savez-vous par exemple que le 9 mars 1945, prenant leur vol de Guam, de Timian et de Saïpan, plus de 300 bombardiers B29 (les super-forteresses) emportant chacun 7 tonnes de bombes, font route, ce soir-là sur Tokyo.

C’est l’opération » Meeting House ».

Le 10 mars, de minuit à 3h30, survolant la capitale impériale à 1.500 m d’altitude l’armada américaine lance 2.000 tonnes de projectiles incendiaires à base de magnésium de napalm et de phosphore.

La température devient insoutenable, le vent attise l’incendie. Au matin du 10 mars les 2/5 de la ville sont ravagés. 35 km carrés sont détruits – 250.000 maisons ont disparues et le nombre des victimes jamais connu avec certitude est estimé à 200.000.

Cinq mois après, le 6 août, la bombe atomique fait 200.000 morts à Hiroshima, et trois jours plus tard 74.000 morts à Nagasaki.

L’orgueilleuse caste militaire, cruelle, inhumaine qui avait entraîné le Japon dans la guerre, dans cette folie meurtrière, s’est enfin inclinée, non sans avoir tenté obstinément, une dernière fois, d’empêcher l’empereur du Japon, le Mikado, d’intervenir pour demander à son armée de déposer les armes.

Après la capitulation du Japon le vide provoqué par le coup de force du 9 mars 1945 en Indochine était à combler.

L’Amiral Decoux enfermé et isolé dans une plantation du sud, à Loc Ninh, tenta désespérément mais en vain de reprendre ses fonctions et de rétablir la souveraineté française. Il en fut empêché.

Vous connaissez la suite : l’Indochine est coupée en deux à hauteur du 16ième parallèle. Le Nord est occupé par les Chinois et le sud par les Anglais.

Le gouvernement provisoire d’Alger envoie ses représentants pour y restaurer la souveraineté française en attendant l’arrivée de l’Amiral Thierry d’Argenlieu et les troupes du Général Leclerc.

Mais au Nord déjà dans les fourgons chinois, Ho Chi Minh et sa suite sont revenus à Hanoi. Les difficultés commencent

Tout cela, dans un premier temps se termine par les accords Ho Chi Minh / Sainteny du 6 mars 1946. Accords précaires qui butent sur la question cochinchinoise. La rupture est définitivement consommée après les négociations menées tant en France que localement.

En décembre 1946 le Viet Minh passe à l’offensive armée (attaque du 19 décembre, redite manquée du 9 mars 1945).

C’est la guerre.

Elle a duré huit ans. Il a fallu attendre 1954 et la conférence de Genève, avec le douloureux épisode de Dien Bien Phu pour faire taire le canon une première fois

Pour peu de temps hélas.! Les américains ayant pris notre place devaient entreprendre une guerre plus longue qui s’est terminée un jour d’avril 1975 par la chute de Saigon.

Les anciens d’Indochine retrouveront, je pense après avoir lu ces quelques lignes, une page d’histoire enfouie dans leur mémoire.

Mais tous retiendront que l’Indochine française n’a pas été perdue après huit ans de guerre, mais a été perdue le 9 mars 1945 après une nuit tragique où son destin a basculé.

 

Jean Chaland.

Lieutenant (ER).

Chevalier de la Légion d’Honneur

Officier de l’Ordre National du Mérite

Fait prisonnier le 9 mars 1945 et interné dans les camps de la mort de Hoa Binh (Tonkin).

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La Libération du camp d’Auschwitz

Posté par administrateur le 7 janvier 2015

Extrait du livre « Si c’est un homme » de Primo LEVY éditions Julliard 1987

Période janvier 1945

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Dix jours hors du monde et hors du temps

 

 L’annonce de l’évacuation

— Vous ne savez pas ? leur dis-le, demain on évacue le camp.

     Ils m’accablèrent de questions :

— Où ça ? A pied ?… Même les malades ? Même ceux qui ne peuvent pas marcher ?

     Ils savaient que j’étais un ancien du camp et que je comprenais l’allemand, et ils en concluaient que j’en savais là-dessus beaucoup plus que je ne voulais l’admettre.

     Je ne savais rien d’autre; je le leur dis, mais ils n’en continuèrent pas moins à me questionner. Quelle barbe! Mais c’est qu’ils venaient d’arriver au Lager, ils n’avaient pas encore appris qu’au Lager on ne pose pas de questions.

     Dans l’après-midi, le médecin grec vint nous rendre visite. Il annonça que même parmi les malades, tous ceux qui étaient en état de marcher recevraient des souliers et des vêtements, et partiraient le lendemain avec les bien-portants pour une marche de vingt kilomètres. Les autres resteraient au K.B., confiés à un personnel d’assistance choisi parmi les malades les moins gravement atteints. [...]

Faut-il partir avec les autres ?

     [Ce médecin grec] était déjà équipé pour la marche ; dès qu’il fut sorti, les deux jeunes Hongrois se mirent à parler entre eux avec animation. Leur période de convalescence était presque achevée, mais ils étaient encore très faibles. On voyait qu’ils avaient peur de rester avec les malades et qu’ils projetaient de partir avec les autres. Il ne s’agissait pas d’un raisonnement de leur part : moi aussi, probablement, si je ne m’étais pas senti aussi faible, j’aurais obéi à l’instinct grégaire; la terreur est éminemment contagieuse, et l’individu terrorisé cherche avant tout à fuir.[...]

     Ils étaient fous de s’imaginer qu’ils allaient pouvoir marcher, ne fût-ce qu’une heure, faibles comme ils étaient, et qui plus est dans la neige, avec ces souliers percés trouvés au dernier moment. J’essayai de le leur faire comprendre, mais ils me regardèrent sans répondre. Ils avaient des yeux de bête traquée.

     L’espace d’un court instant, l’idée m’effleura qu’ils pouvaient bien avoir raison. Ils sortirent par la fenêtre avec des gestes embarrassés, et je les vis, paquets informes, s’éloigner dans la nuit d’un pas mal assuré. Ils ne sont pas revenus; j’ai su beaucoup plus tard que, ne pouvant plus suivre, ils avaient été abattus par les S.S. au bout des premières heures de route.

     Moi aussi, j’avais besoin d’une paire de chaussures : c’était clair. Mais il me fallut peut-être une heure pour arriver à vaincre la nausée, la fièvre et l’inertie. J’en trouvai une paire dans le couloir (les prisonniers en partance avaient saccagé le dépôt de chaussures du K.B. et avaient pris les meilleures : les plus abîmées, percées et dépareillées traînaient dans tous les coins). [...] Je cachai les souliers et retournai au lit.

     Le médecin grec refit une apparition tard dans la nuit, coiffé d’un passe-montagne, un sac sur tes épaules. Il lança un roman français sur ma couchette :

— Tiens, lis ça, l’Italien. Tu me le rendras quand on se reverra.

     Aujourd’hui encore, je le hais pour ces mots-là. Il savait que nous étions condamnés. [...]

     Nous restâmes donc sur nos grabats, seuls avec nos maladies et notre apathie plus forte que la peur.

     Dans tout le K.B. nous étions peut-être huit cents. Dans notre chambre, nous n’étions plus que onze, installés chacun dans une couchette, sauf Charles et Arthur qui dormaient ensemble. Au moment où la grande machine du Lager s’éteignait définitivement, commençaient pour nous dix jours hors du monde et hors du temps.

Dernière tournée d’un officier S.S.

       18 janvier. La nuit de l’évacuation, les cuisines du camp avaient encore fonctionné, et le lendemain matin, à l’infirmerie, on nous distribua la soupe pour la dernière fois. L’installation de chauffage central ne fonctionnait plus ; il y avait encore un reste de chaleur dans les baraques, mais à chaque heure qui passait, la température baissait, et il était clair que nous ne tarderions pas à souffrir du froid. Dehors il devait faire au moins 20° au-dessous de zéro ; la plupart des malades, quand ils avaient quelque chose sur la peau, n’avaient qu’une chemise.

     Personne ne savait ce que nous allions devenir. Quelques  SS.étaient restés là, quelques miradors étaient encore occupés.

     Vers midi, un officier S.S. fit le tour des baraques. Dans chacune d’elles, il nomma un chef de baraque choisi parmi les non-juifs qui étaient restés, et donna l’ordre d’établir immédiatement une liste séparée des malades juifs et non juifs. La situation semblait claire. Personne ne s’étonna de voir les Allemands conserver jusqu’au bout leur amour national pour les classifications, et il n’y eut plus aucun juif pour penser sérieusement qu’il serait encore vivant le lendemain.

     Les deux Français n’avaient rien compris et étaient terrorisés. Je leur traduisis de mauvaise grâce les paroles du S.S. ; leur peur m’irritait : ils n’avaient pas un mois de Lager, ils n’avaient pas encore vraiment faim, ils n’étaient même pas juifs, et ils avaient peur.

     On eut encore droit à une distribution de pain. Je passai l’après-midi à lire le livre laissé par le médecin : il était très intéressant et j’en garde un souvenir étrangement précis. Je fis également une incursion dans le service voisin, à la recherche de couvertures : de ce côté-là, beaucoup de malades avaient été déclarés guéris et leurs couvertures étaient restées libres. J’en pris quelques-unes assez chaudes.

     Quand il sut qu’elles venaient du Service Dysenterie, Arthur fit la grimace : « Y avait point besoin de le dire » ; en effet, elles étaient tachées. Quant à moi, je me disais que de toute façon, vu ce qui nous attendait, il valait mieux dormir au chaud.

     La nuit tomba bientôt, mais la lumière électrique continuait à fonctionner. Nous vîmes avec une tranquille épouvante qu’un S.S. armé se tenait au coin de la baraque. Je n’avais pas envie de parler, et je n’avais pas peur, sinon de la manière extérieure et conditionnelle que j’ai dite. Je continuai à lire jusqu’à une heure tardive.

Bombardement du camp

     Nous n’avions pas de montres, mais il devait être vingt-trois heures lorsque toutes les lumières s’éteignirent, y compris les projecteurs des miradors. On voyait au loin les faisceaux des éclairages photoélectriques. Une gerbe de lumières crues fleurit dans le ciel et s’y maintint immobile, éclairant violemment le terrain. On entendait le vrombissement des avions.

     Puis le bombardement commença. Ce n’était pas nouveau : je descendis de ma couchette, enfilai mes pieds nus dans mes souliers et attendis.

     Le bruit semblait venir de; loin, de la ville d’Auschwitz peut-être.

     Mais voilà qu’il y eut une explosion toute proche, et avant même que j’aie pu reprendre mes esprits, une seconde et une troisième à crever les tympans. Des vitres volèrent en éclats, la baraque trembla, ma cuillère, logée dans une fente de la cloison en bois, tomba par terre. [...]

     Quelques minutes plus tard, il fut évident que le camp avait été touché. Deux baraques étaient en flammes, deux autres avaient été pulvérisées; mais c’étaient toutes des baraques vides. On vit arriver des dizaines de malades, nus et misérables, chassés par le feu qui menaçait leurs baraques : ils demandaient à entrer. Impossible de les accueillir.

     Ils insistèrent, suppliant et menaçant dans toutes les langues ; il fallut barricader la porte. Ils continuèrent plus loin, éclairés par les flammes, pieds nus dans la neige en fusion.

     Plusieurs traînaient derrière eux leurs bandages défaits. Quant à notre baraque, elle semblait hors de danger, à moins que le vent ne tournât.

     Les Allemands avaient disparu. Les miradors étaient vides.

Survivre au froid

     [...] On ne pouvait pas dormir; un carreau était cassé, et il faisait très froid. Je me disais qu’il nous fallait trouver un poêle, l’installer ici, et nous procurer du charbon, du bois et des vivres. Je savais que tout cela était indispensable, mais que je n’aurais jamais assez d’énergie pour m’en occuper tout seul. J’en parlai avec les deux Français.

     19 janvier. Les Français furent d’accord. Nous nous levâmes tous trois à l’aube. Je me sentais malade et sans défense, j’avais froid et j’avais peur.

     Les autres malades nous regardèrent avec une curiosité pleine de respect : ne savions-nous donc pas que les malades n’ont pas le droit de sortir du K.B. ? Et si les Allemands n’étaient pas encore tous partis ? Mais ils ne dirent rien, trop contents qu’il y eût quelqu’un pour tenter l’expérience.

     Les Français n’avaient aucune idée de la topographie du Lager, mais Charles était courageux et robuste, et Arthur avait du flair et le sens pratique des paysans. Nous sortîmes dans le vent d’une glaciale journée de brouillard, enveloppés tant bien que mal dans des couvertures.

     Je n’ai jamais rien vu ou entendu qui puisse approcher du spectacle que nous eûmes alors sous les yeux.

     Le Lager venait de mourir, et il montrait déjà les signes de la décomposition. Plus d’eau ni d’électricité : des fenêtres et des portes éventrées battaient au vent, des morceaux de tôles arrachées aux toits grinçaient, et les cendres de l’incendie volaient au loin très haut dans les airs. Les bombes avaient fait leur œuvre, et les hommes aussi : loqueteux, chancelants, squelettiques, les malades encore capables de se déplacer avaient envahi comme une armée de vers le terrain durci par le gel. Ils avaient fouillé dans toutes les baraques vides, à la recherche de nourriture et de bois; ils avaient violé avec une furie haineuse les chambres des Blockälteste grotesquement décorées et interdites la veille encore aux simples Häftlinge ; incapables de maîtriser leurs viscères, ils avaient répandu des excréments partout, salissant la neige précieuse, devenue seule source d’eau pour le camp tout entier.

     Attirés par les décombres fumants des baraques incendiées, des groupes de malades restaient collés au sol, pour en pomper un dernier reste de chaleur. D’autres avaient trouvé des pommes de terre quelque part et les faisaient rôtir sur les braises de l’incendie en jetant autour d’eux des regards féroces. Quelques-uns seulement avaient eu la force d’allumer un vrai feu, et faisaient fondre de la neige dans des récipients de fortune.

     Nous nous dirigeâmes vers les cuisines le plus rapidement possible, mais les pommes de terre étaient déjà presque épuisées. Nous en remplîmes deux sacs que nous confiâmes à Arthur. Au milieu des ruines du Prominenzblock, Charles et moi découvrîmes finalement ce que nous cherchions : un gros poêle en fonte, muni de tuyaux encore utilisables ; Charles accourut avec une brouette et nous y chargeâmes le poêle ; puis, me laissant le soin de le transporter à la baraque, il courut s’occuper des sacs. [...]

     Pendant ce temps, me tenant à grand-peine sur mes jambes, je m’efforçais de manœuvrer de mon mieux la lourde brouette. Tout à coup on entendit un bruit de moteur, et je vis un S.S. en motocyclette qui entrait dans le camp. Comme tous mes compagnons, à la vue de leurs visages durs, je fus envahi de terreur et de haine. Il était trop tard pour disparaître, et je ne voulais pas abandonner le poêle. D’après le règlement du Lager, j’étais censé me mettre au garde-à-vous et me découvrir. Je n’avais pas de chapeau et j’étais empêtré dans ma couverture. Je m’écartai de quelques pas de la brouette et fis une espèce de révérence maladroite. L’Allemand passa sans me voir, tourna à l’angle d’une baraque et disparut. Je sus plus tard quel danger j’avais couru. [...]

Le camp est désert

     20 janvier. L’aube parut : j’étais de service pour allumer le poêle. En plus d’une faiblesse générale, mes articulations douloureuses me rappelaient à chaque instant que ma scarlatine était loin d’être guérie. L’idée de devoir me plonger dans l’air glacial pour aller chercher du feu dans les autres baraques me faisait trembler d’horreur. [...]

     Il ne nous restait plus que deux jours de vivres (en l’occurrence des pommes de terre); pour l’eau, nous en étions réduits à faire fondre de la neige : l’opération était laborieuse car nous manquions de grands récipients ; on obtenait un liquide trouble et noirâtre, qu’il fallait filtrer.

     Le camp était silencieux. Nous croisions d’autres spectres affamés, partis eux aussi en expédition, la barbe longue, les yeux caves, les membres squelettiques et jaunâtres flottant dans des guenilles. D’un pas mal assuré, ils entraient et sortaient, revenant des baraques désertes avec les objets les plus hétéroclites : haches, seaux, louches, clous [...].

     Aux cuisines, deux de ces créatures se disputaient les quelques dizaines de pommes de terre pourries encore disponibles. [...]

L’armée allemande en déroute

      De mon lit, je voyais par la fenêtre un bon morceau de route : depuis trois jours déjà la Wehrmacht en fuite y défilait par vagues successives. Blindés, chars « tigres » camouflés en blanc. Allemands à cheval. Allemands à bicyclette. Allemands à pied, avec ou sans armes. Le fracas des chenilles résonnait dans la nuit bien avant l’apparition des tanks.

— Ça roule encore? demandait Charles.

— Ça roule toujours.

Cela semblait ne jamais devoir finir.

     21 janvier. Pourtant cela finit. A l’aube du 21, la plaine nous apparut déserte et rigide, blanche à perte de vue sous le vol des corbeaux, mortellement triste. [...]

« Ce serait vraiment dommage de se laisser sombrer maintenant »

     Moi, je me disais que dehors la vie était belle, qu’elle le serait encore, et que ce serait vraiment dommage de se laisser sombrer maintenant. J’éveillai ceux des malades qui somnolaient, et lorsque je fus certain qu’ils m’écoutaient tous, je leur dis, d’abord en français, puis dans mon meilleur allemand, que nous devions tous désormais ne plus penser qu’à rentrer chez nous, et que nous devions donc, dans la mesure de nos moyens, faire certaines choses, et éviter d’en faire d’autres. [...]

Les cadavres s’entassent

      22 janvier. Si c’est du courage que d’affronter le cœur léger un danger grave, ce matin-là Charles et moi nous fûmes courageux. Nous étendîmes nos explorations jusqu’au camp des S.S., situé juste de l’autre côté des barbelés électrifiés.

     Les gardes du camp avaient dû partir précipitamment. Nous trouvâmes sur les tables des assiettes à demi pleines de potage congelé que nous avalâmes avec une suprême jouissance, des chopes où la bière s’était transformée en glace jaunâtre ; sur un échiquier, une partie interrompue ; dans les chambres, quantité de choses précieuses.

     Nous prîmes une bouteille de vodka, différents médicaments, des journaux et revues, et quatre magnifiques couvertures matelassées, dont l’une est encore chez moi à Turin. Joyeux et inconscients, nous rapportâmes ce butin dans notre petite chambre, le confiant aux bons soins d’Arthur. On ne sut que le soir ce qui s’était passé juste une demi-heure après.

     Un petit groupe de S.S. probablement isolés mais armés avait pénétré dans le camp abandonné. Ayant trouvé dix-huit français installés dans le réfectoire de la S.S.-Waffe, ils les avaient tous abattus, méthodiquement, d’un coup à la nuque, alignant ensuite les corps convulsés sur la neige du chemin avant de s’en aller. Les dix-huit cadavres restèrent exposés jusqu’à l’arrivée des Russes ; personne n’eut la force de leur donner une sépulture.

     D’ailleurs, dans toutes les baraques désormais, certaines couchettes étaient occupées par des cadavres durs comme du bois, que personne ne prenait plus la peine d’enlever. La terre était trop gelée pour qu’on pût y creuser des fosses, de nombreux cadavres furent entassés dans une tranchée, mais dès les premiers jours l’amoncellement débordait du trou, et cet ignoble spectacle était visible de nos fenêtres. [...]

De l’autre côté des barbelés

      23 janvier. Notre réserve de pommes de terre était épuisée. Depuis plusieurs jours, le bruit courait qu’il y avait non loin du camp, quelque part de l’autre côté des barbelés, un énorme silo de pommes de terre.

     Il faut croire que quelque pionnier méconnu avait fait de patientes recherches, ou que quelqu’un connaissait l’endroit avec précision, car le matin du 23 un tronçon de barbelés avait été arraché, et une double procession de misérables entrait et sortait par cette brèche.

     Nous nous mîmes donc en route, Charles et moi, dans le vent de la plaine livide. Nous dépassâmes la barrière abattue.

— Dis donc. Primo, on est dehors !

     Eh bien oui ! pour la première fois depuis le jour de mon arrestation, je me trouvais libre, sans gardiens armés, sans barbelés entre ma maison et moi.

     Les pommes de terre étaient là, à quatre cents mètres du camp peut-être : un trésor. Deux très longues fosses, pleines de pommes de terre recouvertes de couches alternées de terre et de paille pour les protéger du gel. Personne ne mourrait plus de faim.

     Mais ce fut un rude labeur que leur extraction. Le gel avait rendu la surface du sol dure comme du marbre. En donnant de grands coups de pioche, on arrivait à entamer la croûte et à mettre à nu la réserve [...].

Autour de nous, tout n’était que mort et destruction.

      24 janvier. La liberté. La brèche dans les barbelés nous en donnait l’image concrète. A bien y réfléchir, cela voulait dire plus d’Allemands, plus de sélections, plus de travail, ni de coups, ni d’appels, et peut-être, après, le retour. Mais il fallait faire un effort pour s’en convaincre, et  personne n’avait le temps de se réjouir à cette idée. Autour de nous, tout n’était que mort et destruction.

     Face à notre fenêtre, les cadavres s’amoncelaient désormais au-dessus de la fosse. En dépit des pommes de terre, nous étions tous dans un état d’extrême faiblesse : dans le camp, aucun malade ne guérissait, et plus d’un au contraire attrapait une pneumonie ou la diarrhée ; ceux qui n’étaient pas en état de bouger, ou qui n’en avaient pas l’énergie, restaient étendus sur leurs couchettes, engourdis et rigides de froid, et quand ils mouraient, personne ne s’en apercevait. [...]

     27 janvier. [...] Les Russes arrivèrent alors que Charles et moi étions en train de transporter [le cadavre de notre camarade] Somogyi à quelque distance de là. Il était très léger. Nous renversâmes le brancard sur la neige grise.

Charles ôta son calot. Je regrettai de ne pas en avoir un.

 

Primo Levi, Si c’est un homme, Julliard, 1987

Les intertitres ont été ajoutés.

http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/liberation_camps.htm

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Opération Walkyrie : 20 juillet 1944

Posté par administrateur le 19 juillet 2014

Le complot du 20 juillet 1944 est une opération essentiellement planifiée par des conjurés militaires souhaitant le renversement du régime nazi afin de pouvoir négocier la fin de la Deuxième Guerre mondiale avec les puissances alliées.

Le complot comprenait deux étapes étroitement imbriquées. La première phase consistait en l’assassinat d’Adolf Hitler ; la seconde en la prise du pouvoir et la mise en place d’un nouveau régime, en détournant de son objectif le plan d’urgence établi par les nazis, l’Opération Walkyrie, prévu pour permettre à l’armée de réprimer une insurrection.

La première phase du complot échoua. Si la bombe placée par le colonel Claus von Stauffenberg dans une des salles du Wolfsschanze explosa, Adolf Hitler ne fut que légèrement blessé. L’incertitude sur le sort de Hitler et l’impréparation des conjurés, retardèrent en outre le lancement du coup d’État. Ce retard lié à l’annonce de la survie de Hitler, permit aux partisans du Führer de faire échouer le complot.

L’échec du complot, suivi par une répression particulièrement féroce, accrut le rôle de Heinrich Himmler et renforça la méfiance de Hitler à l’égard du corps des officiers, à l’exception de ceux de la SS.

Le 20 juillet 1944, von Stauffenberg et son aide de camp l’Oberleutnant Werner von Haeften prennent l’avion vers le quartier-général de Hitler, le Wolfsschanze à Rastenburg, en compagnie du général Helmuth Stieff.

À 11 h 30, il participe, durant trois quarts d’heure, à une réunion de préparation dirigée par Wilhelm Keitel ; à la fin de celle-ci, vers 12 h 15, il demande à se rafraîchir et à changer de chemise, ce qui n’a rien d’étonnant vu la chaleur.

Rejoint dans les toilettes par von Haeften, il n’a le temps, compte tenu de son handicap, d’amorcer que l’une des deux bombes ; de plus, il est interrompu dans ses préparatifs par l’aide de camp de Keitel, Ernst John von Freyend, qui l’avertit d’un appel téléphonique du général Erich Fellgiebel, responsable des communications du commandement suprême de la Wehrmacht et chargé d’empêcher, après l’attentat, toute communication vers l’extérieur.

Stauffenberg place l’explosif amorcé dans sa mallette, et remet l’autre à von Haeften

Claus von Stauffenberg

Les réunions se tenaient généralement dans l’abri bétonné. Ce jour-là, Hitler décida que le rapport aurait lieu dans un baraquement dont plusieurs des parois étaient en bois, ce qui lui sauvera la vie.

Stauffenberg rejoint la réunion avec Hitler, pendant l’exposé du général Adolf Heusinger ; en raison de sa surdité partielle, et à sa demande, il est placé à la droite du Führer et à sa proximité. Il place sa mallette près de la grande table sur laquelle sont posées les cartes que consulte Hitler, contre la chaise sur laquelle ce dernier était assis, puis quitte la réunion en prétextant un appel téléphonique.

Au moment où Stauffenberg quitte la réunion, 24 personnes sont présentes dans le baraquement. Le dos tourné à la porte, Hitler est accoudé au centre de la table, le menton dans la main ; à sa droite, le Generalleutnant Adolf Heusinger, chef des opérations de l’état-major de l’armée de terre et adjoint du chef d’état-major et le colonel Heinz Brandt, adjoint de Heusinger, derrière lesquels se tient le général Günther Korten, chef de l’état-major de la Luftwaffe ; toujours à la droite du Führer mais un peu plus éloignés de la table, on trouve le général Karl-Heinrich Bodenschatz, officier de liaison du commandant en chef de la Luftwaffe et le général Walter Buhle, membre de l’état-major de l’armée de terre à l’OKW.

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Sur le petit côté de la table (à la gauche de l’image), se succèdent le lieutenant général Rudolf Schmundt, aide de camp en chef de la Wehrmacht auprès de Hitler et chef de la section du personnel de l’armée de terre, le lieutenant-colonel Heinrich Borgmann, aide de camp de Hitler et, au coin de la table, l’un des deux sténographes, Heinrich Berger ; derrière eux, et près de l’une des deux fenêtres le lieutenant-colonel Heinz Waizenegger, aide de camp de Keitel et le Vice-amiral Karl-Jesco von Puttkamer, aide de camp de la Kriegsmarine auprès de Hitler.

 Du côté opposé au Führer ont pris place le capitaine de vaisseau Heinz Assmann, officier d’état-major de la Kriegsmarine, le lieutenant-colonel Ernst John von Freyend, aide de camp de Keitel, le Generalmajor Walter Scherff, conseiller personnel de Hitler pour l’histoire de la seconde guerre mondiale, le Contre-amiral Hans-Erich Voss, officier de liaison du commandant suprême de la Kriegsmarine, Otto Günsche, SS-Hauptsturmführer et aide de camp de Hitler et, sur le coin, le second sténographe, Heinz Buccholz. À la gauche du Führer on trouve le Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel, Chef d’état-major des forces armées, le Generaloberst Alfred Jodl, chef du bureau opérations de l’état-major de la Wehrmacht, le général Walter Warlimont, adjoint du chef d’état-major de la Wehrmacht et Franz Edler von Sonnleithner, représentant du ministère des Affaires étrangères.

Dans le coin inférieur droit de l’image, se situent (de gauche à droite), le colonel Nicolaus von Below, aide de camp de la Luftwaffe, le major Herbert Büchs, aide de camp de Jodl et le SS-Gruppenführer Hermann Fegelein, officier de liaison de la Waffen-SS.

Une fois Stauffenberg sorti, Hitler se lève, traverse la pièce et vient se placer devant une grande carte murale. Vers 12 h 45, au centre des aides de camp, Stauffenberg, von Haeften et Fellgiebel entendent une explosion assourdissante ; Stauffenberg et von Haeften prennent ensuite une voiture pour gagner le terrain d’aviation afin de rejoindre Berlin. Pendant le trajet, von Haeften se débarrasse du second engin explosif, non amorcé ; les deux conjurés réussissent à circonvenir le dispositif de garde et à s’envoler pour la capitale, à 13 h 15 : ils sont « fermement convaincus que nul n’avait pu survivre à l’explosion [et] que Hitler était mort. »

Les parois en bois cèdent et plusieurs victimes furent projetées à l’extérieur.

À Berlin, les conjurés sont avertis d’un message, plutôt vague, envoyé par Erich Fellgiebel au général Fritz Thiele, juste avant le décollage de l’appareil transportant le colonel von Stauffenberg et von Haeften : il s’est passé quelque chose de terrible au Wolfsschanze mais Adolf Hitler est toujours vivant.

Dans l’attente de nouvelles précises et définitives, Olbricht décide de ne pas lancer le coup d’État. Lors de leur arrivée à l’aérodrome de Tempelhof, entre 14 h 45 et 15 h 15, von Stauffenberg et von Haeften se retrouvent seuls, personne ne les y attendant : von Haeften téléphone aux conjurés réunis au Bendlerblock et déclare que Hitler était mort.

Cette nouvelle est confirmée par Stauffenberg lors de son arrivée au quartier général, vers 16 h 30 ; sur la base de ces nouvelles informations, Olbricht demande à Fromm de donner l’ordre de déclencher l’opération Walkyrie, mais celui-ci refuse, ayant été averti vers 16 heures par Wilhelm Keitel de l’échec de la tentative d’assassinat. Passant outre, le chef d’état-major de Fromm, Albrecht Mertz von Quirnheim lance l’action « en adressant aux commandants militaires régionaux un message câblé qui commence par ces mots : le Führer, Adolf Hitler, est mort. » Au fur et à mesure des heures, les principaux conjurés se retrouvent au Bendlerblock : Ludwig Beck et Olbricht y sont rejoints par d’autres acteurs importants : vers 16 h 30, Erich Hoepner arrive en civil, son uniforme dans sa mallette, suivi vers 20 heures par Witzleben qui déclare d’emblée : « Quel beau gâchis. »

Hitler-Attentat, 20. Juli 1944

À Paris, le général von Stülpnagel, commandant militaire de la France occupée, fait arrêter un millier d’officiers de la SS, dont Karl Oberg et Helmut Knochen.

Si la bombe a bel et bien explosé, Hitler ne souffre que d’une blessure à la main droite et de brûlures sur le corps. Toutes les lignes de communication n’ont pas été coupées : la nouvelle de la survie du Führer parvient donc rapidement à Berlin, notamment lorsque Goebbels met en liaison téléphonique Hitler et Remer.

Ce dernier retourne ses forces contre les comploteurs, avec l’aide des adjoints d’Olbricht qui n’avaient pas été mis dans la confidence. Il s’en suit une fusillade au quartier général de l’armée à Berlin, au cours de laquelle von Stauffenberg est blessé.

Également averti de la survie du Führer, von Kluge met immédiatement fin à l’opération lancée par von Stülpnagel et fait libérer les membres de la SS arrêtés.

La première vague de la répression est organisée par le général Fromm, qui tente d’éliminer des témoins de sa complicité passive lors de la préparation du complot. Parmi les conjurés arrêtés, le général Beck est autorisé à se suicider en raison de son rang ; après deux tentatives infructueuses, il est achevé sur ordre de Fromm.

 Les autres prisonniers, après un procès expéditif, sont condamnés à mort, emmenés dans la cour du Bendlerblock et fusillés l’un après l’autre ; Olbricht, von Stauffenberg, von Haeften et von Quirnheim sont exécutés.

Arrivés au Bendlerblock, Ernst Kaltenbrunner et Remer, bientôt rejoints par Otto Skorzeny, prennent le contrôle du bâtiment et empêchent toute nouvelle exécution sommaire. Himmler et la Gestapo lancent une enquête à grande échelle qui infirme rapidement le jugement initial de Hitler « qui réduisait le complot aux menées d’une poignée d’officiers réactionnaires. »

Les arrestations et les interrogatoires se multiplient : Wilhelm Canaris, Hans Oster, Hjalmar Schacht, Johannes Popitz, Gustav Noske, Wilhelm Leuschner et Carl Friedrich Goerdeler tombent tour à tour aux mains de la Gestapo ; au total, Himmler fait arrêter cinq mille personnes connues comme étant des adversaires au régime. De nombreux détenus sont torturés pour les faire parler.

Au matin du 21 juillet 1944, Tresckow se dirige vers les lignes ennemies et se suicide en faisant exploser une grenade. Kluge utilise du poison pour mettre fin à ses jours, comme Erwin Rommel, forcé de choisir entre le suicide ou un procès et une humiliation publique. Oertzen se suicide également en faisant exploser deux grenades.

 

Sur l’ordre de Hitler, les militaires identifiés comme comploteurs sont chassés de l’armée par une cour martiale présidée par von Rundstedt, notamment assisté par Guderian et Keitel. Redevenus civils, ils peuvent donc être traduits devant le Volksgerichtshof (tribunal du peuple), présidé par Roland Freisler. Le premier procès, concernant huit inculpés s’ouvre le 7 août 1944 et d’autres se succèdent jusqu’en février 1945.

Tous les inculpés du premier procès sont condamnés à mort et exécutés par pendaison, « châtiment déshonorant », dans une dépendance de la prison de Plötzensee. Ils sont pendus à de simples crochets, « avec des cordes particulièrement fines, pour qu’ils meurent de lente strangulation », humiliés pendant leur agonie, les bourreaux leur baissant le pantalon. Leur supplice est filmé et photographié.

Himmler déclara que « quiconque était impliqué dans un crime aussi odieux contre l’Allemagne avait nécessairement un sang impur » et que châtier les familles des conjurés « était une vieille tradition germanique » ; l’épouse et les enfants de nombreux comploteurs sont arrêtés et la répression frappe également, dans certains cas, « leurs frères et sœurs, leurs parents, leurs cousins, leurs oncles et tantes. »

Certains conjurés ne sont pas identifiés et échappent donc à la mort, comme Philipp von Boeselager ou Rudolf-Christoph von Gersdorff. Quant à Fabian von Schlabrendorff, il ne doit la vie qu’à l’interruption de son procès par un bombardement aérien, le 3 février 1945, au cours duquel Freisler trouve la mort

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La Faute au Midi – Soldats héroïques et diffamés

Posté par administrateur le 28 juin 2014

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Tragique destin des soldats provençaux du XVe corps, ainsi nommés car recrutés dans la XVe région militaire qui recoupe la Provence, la Corse, les Alpes Maritimes et l’Ardèche. Alors que la mobilisation s’est effectuée dans une atmosphère de résolution et de détermination, comme partout en France, les soldats du XVe corps sont engagés très tôt sur le front, lors d’une des premières grandes batailles opposant les Français aux Allemands. La mission qui leur est assignée (en lien avec les soldats Languedociens et Lorrains) est tout simplement de marcher sur Metz à travers la Lorraine annexée. Du 14 au 19 août, les Français avancent sans voir l’ennemi qui se dérobe. Mais dans cette région fortifiée par les Allemands depuis 1871, l’ennemi attire tout simplement les Français sur le terrain qu’il a fixé comme champ de bataille, avec une artillerie dont les tirs sont réglés à l’avance. Le 20 août, malgré les avertissements d’un aviateur qui a repéré l’armée allemande en embuscade, les troupes continuent d’avancer et se font massacrer par un déluge d’obus et de mitraille, sans même voir un seul soldat ennemi. Les Français sont donc contraints de reculer : la bataille de Lorraine est perdue.

 Si les Méridionaux abandonnent 10 000 morts sur le terrain, ils sont pourtant bientôt accusés d’être les responsables de la défaite. Peu importe que les Lorrains commandés par Foch aient battu en retraite les premiers. La rumeur se répand, orchestrée par le généralissime Joseph Joffre et le ministre de la Guerre Adolphe Messimy, que les soldats de « l’aimable Provence » auraient lâché pied devant l’ennemi. Joffre cherche tout simplement à se couvrir et, pour ne pas avoir à se justifier d’un plan de campagne mal conçu, trouve un bouc émissaire bienvenu. Malheureusement, le ministre de la Guerre est un sanguin qui veut faire un exemple et dénoncer publiquement la supposée lâcheté des soldats du Midi. Il fait donc écrire par un sénateur un article insultant paru dans Le Matin, le 24 août 1914, intitulé « La vérité sur l’affaire du 21 août. Le recul en Lorraine. » La tempête gagne alors toute la France : les soldats méridionaux sont désormais diffamés officiellement et cette légende noire, malgré les protestations passionnées des parlementaires du Midi, durera toute la guerre et bien au-delà.

http://milguerres.unblog.fr/l%E2%80%99affaire-de-lagarde-et-du-15e-corps-d%E2%80%99armee/

http://provence14-18.org/

 

 

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6 juin 1944 OMAHA LA SANGLANTE

Posté par administrateur le 3 juin 2014

Longue de huit kilomètres, la zone de débarquement s’étendait sur la côte occidentale du Calvados, depuis Sainte-Honorine-des-Pertes à l’est jusqu’à Vierville-sur-Mer à l’ouest, sur la rive droite de l’estuaire de la Douve. L’objectif à Omaha était de s’emparer et, ensuite, de tenir une tête de pont de huit kilomètres de profondeur entre Port-en-Bessin et la Vire et, dès que possible, de faire la jonction à l’est avec les Britanniques et à l’ouest avec le VII Corps américain débarqué à Utah Beach afin d’établir une tête de pont continue sur la côte normande.

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La prise d’Omaha était de la responsabilité du commandement américain, placé sous les ordres du général Omar Bradley, et du Major Général Huebner .

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La section du mur de l’Atlantique face aux assaillants était défendue par environ 2 000 hommes provenant de deux divisions d’infanterie allemande : la 716e et la 352e. De multiples obstacles avaient été installés sur la plage pour interdire tout débarquement. Ces obstacles étaient sous le feu de positions fortifiées construites sur le talus et la crête et équipées de mitrailleuses ainsi que de canons. On y trouvait aussi des observateurs d’artillerie chargés d’ajuster les tirs de batteries déployées plus dans la profondeur.

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Le 6 juin à l’aube, après un bombardement aérien et naval des Alliés sur les positions allemandes, la 1re division américaine (« la Big Red One) renforcée par un régiment de la 29e division (qui lui n’avait encore jamais combattu) débarqua sur cette plage. Le débarquement de la première vague eut lieu trois heures avant la marée haute. Ceci était indispensable pour ne pas jeter les barges de débarquement sur les obstacles situés en haut de l’estran et donner le temps aux équipes combinées du génie, de la marine et de l’infanterie spécialement constituées1 et arrivées avec les premières troupes débarqués, de les détruire et de dégager des chenaux pour permettre l’approche des forces suivantes et de barges plus grandes.

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Les deux régiments renforcés qui débarquèrent en tête étaient :

à l’Ouest, le 116 RCT (Regimental Combat Team), détaché temporairement de la 29e à la 1re division ;

à l’Est, le 16 RCT, organique à la 1re division.

Chaque régiment était renforcé d’un bataillon de chars. Des chars, dont certains amphibies, devaient arriver avec l’infanterie et le génie lors de la première vague d’assaut.

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Conjointement à ce débarquement, un assaut fut mené, quelques kilomètres plus à l’ouest, par des rangers américains pour s’emparer de la pointe du Hoc, une petite avancée de la côte normande dans la Manche avec une falaise de vingt-cinq à trente mètres de haut pour neutraliser de puissants canons allemands supposés y être installés dans des blockhaus et menaçant les plages d’Utah et d’Omaha. Si l’escalade réussissait, un signal devait être transmis et des renforts envoyés. Sinon ces renforts (huit compagnies de rangers) seraient détournés sur les plages d’Omaha.

Le plan de débarquement ne se déroula pas comme prévu et dès le début, la situation prit une tournure catastrophique pour les Alliés. Le bombardement aérien et naval avait manqué ses cibles et n’avait pas neutralisé les défenses ennemies. Les troupes américaines allaient se heurter à des positions allemandes quasi-intactes.

La mer était agitée et le vent fort. La quasi-totalité des chars amphibies coula et seuls quelques-uns atteignirent la plage. Des difficultés de navigation entrainèrent la plupart des barges, déportés par le courant, à débarquer hors des endroits prévus. Les Allemands ne dévoilèrent pas leurs positions et ils attendirent que les premiers soldats américains sortent des barges pour ouvrir le feu. Le vent fort fit monter la marée plus rapidement que prévu, poussant de nombreuses barges sur les obstacles allemands. La première vague américaine fut clouée sur place, ne progressant pas et subissant de très lourdes pertes. Les troupes suivantes ne progressèrent pas non plus. Les équipes du génie, du fait de la désorganisation de l’ordre du débarquement, arrivèrent avant l’infanterie. Sous le feu ennemi et avec peu de matériel, elles ne dégageaient qu’avec grande difficulté, quelques chenaux pour les barges suivantes, subissant elles aussi de lourdes pertes. Dans l’incapacité de dégager suffisamment les obstacles, les Alliés ne pouvaient débarquer correctement troupes et matériels et ils n’arrivaient pas à dégager les sorties de plage, fortement défendues. Cela provoqua rapidement encombrement et désordre sur la plage et des retards pour les débarquements suivants. Les communications radio avec le commandement étaient difficiles, 80 % du matériel radio de la première vague furent perdus. La panique participa un peu plus à la désorganisation générale.

Le commandement allié envisagea un temps l’abandon d’Omaha. Mais outre la perte des 15 000 hommes déjà débarqués, cela présentait le grand risque d’affaiblir la position alliée avec une tête de pont américaine d’Utah à l’ouest qui aurait été séparée de 60 km de la tête de pont anglo-canadienne à l’est. Le général Bradley, qui supervisait l’opération au large à bord depuis l’USS Augusta, malgré le manque d’informations, décida de poursuivre le débarquement et continua d’envoyer des troupes sur Omaha. Finalement quelques pénétrations de la ligne de défense réussirent. Le bataillon de rangers qui devait être envoyé en renfort à la pointe du Hoc n’ayant pas reçu le signal, fut détourné sur Omaha Beach. Il parvint à réaliser la première percée valable. De petits groupes, réalisaient des assauts improvisés sur le talus escarpé de la côte. Ils étaient aidés par l’appui feu de quelques navires de guerre qui, au risque d’être touchés par les batteries terrestres allemandes, avaient fini par se rapprocher des plages. Certaines barges arrivent à franchir les chenaux ouverts. Des troupes américaines prirent le plateau côtier qui domine la plage entre Saint-Laurent et Colleville et commencèrent à prendre les défenses allemandes à revers, mal défendues sur leur arrières. D’autres unités suivirent et d’autres percées furent réalisées depuis la plage. Les Américains durent faire face à quelques contre-attaques allemandes mais en milieu d’après-midi, le dernier bunker allemand fut pris.

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Omaha Beach est la plage du débarquement de Normandie qui a provoqué le plus lourd bilan des pertes du Jour J (30 % du total des pertes du 6 juin) et elle partage avec Juno Beach, le taux de perte le plus fort avec près de 8 % des effectifs débarqués dont beaucoup par noyade. 1 000 Américains sont tués et 2 000 blessés sur Omaha (le bilan précis reste inconnu), 90 % des hommes de la première vague étant tués ou blessés. L’histoire retient le surnom de « Bloody Omaha » (Omaha, la sanglante) que des films célèbres comme Le jour le plus long ou Il faut sauver le soldat Ryan ont mis en scène.

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27 mai 1995 : les marsouins reprennent le pont de Vrbanja

Posté par administrateur le 27 mai 2014

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Le 27 mai 1995 en Bosnie-Herzégovine, le 3e régiment d’infanterie de marine reçoit l’ordre de reprendre le poste du pont de Vrbanja et de délivrer, par la force, les Casques bleus qui y sont retenus en otages par des Serbes.

27 mai 1995, en Bosnie-Herzégovine : le capitaine François Lecointre, commandant la 1re compagnie du 3e régiment d’infanterie de marine (3e RIMa), s’aperçoit que des Serbes, déguisés en soldats de l’ONU, se sont emparé durant la nuit du poste Sierra Victor sur le pont de Vrbanja, au centre de Sarajevo. Onze Casques bleus français ont été capturés.

« Je me suis mis dans la peau du capitaine qui allait conduire l’assaut »

Jusqu’alors, l’ONU cherchait à résoudre les crises par la diplomatie. Mais fort de l’appui du chef de l’État, le général Hervé Gobillard, commandant le secteur, décide de reprendre le poste par la force. Une décision difficile, explique, 18 ans plus tard, le général Gobillard : « J’ai essayé d’analyser les risques techniques, psychologiques, opérationnels, politiques, locaux. Je me suis mis dans la peau du capitaine qui allait conduire l’assaut ; ça pouvait très bien se terminer en carnage. Je me suis demandé si je n’étais pas en train de franchir la ligne qui sépare un Casque bleu d’un soldat en guerre, et puis je me suis dit que l’enjeu était trop important ».

« J’ai eu la tâche la plus facile : celle de faire mon métier de militaire »

La compagnie qui reçoit la mission de reprendre le pont est appuyée par un escadron du régiment d’infanterie – chars de marine (RICM). En pointe se trouve la section du lieutenant Bruno Heluin. « J’ai eu la tâche la plus facile, celle d’aller physiquement en avant faire mon métier de militaire », raconte le colonel Heluin, aujourd’hui chef de corps du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa).

Il se rappelle la demi-heure qui a précédé l’opération : « Au moment de lancer l’assaut, il y a eu un grand silence. Ensuite, l’action a semblé interminable. Mais en fait, le tout n’a duré que 40 minutes. Quant à moi, j’ai été blessé et inconscient à partir de la 20e minute. »

Le lieutenant Heluin est le premier à entrer dans le poste. «Un Serbe me tirait dessus à partir d’une position retranchée. Ne pouvant pas riposter car j’avais un problème avec mon Famas, j’ai lancé une grenade. Mais celle-ci a fait éclater une bouteille de gaz, dont j’ai reçu un éclat au visage ».

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Décorations du Col Heluin

17 soldats français ont été blessés durant l’action, et deux autres tués : les marsouins Marcel Amaru et Jacky Humblot.

Renverser le sens de la guerre

« Cet acte héroïque d’une poignée d’hommes décidés et bien commandés a permis de renverser le sens de la guerre, et de conduire in fine à la victoire dans les Balkans ! » affirme Jean Guisnel, journaliste spécialisé des questions militaires. Et en effet, cet assaut a marqué le début de la riposte de la communauté internationale, à un moment où les Serbes de Bosnie avaient pris en otage des dizaines de soldats des Nations unies, utilisés comme boucliers humains.

 

Le président français, Jacques Chirac, a déclaré après ce coup d’éclat : « La reprise du pont de Vrbanja restera dans la mémoire de nos armées comme un symbole, celui de la dignité retrouvée, du refus de toutes les humiliations ».

Source : http://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre

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Il y a 70 ans : Le massacre d’ASCQ

Posté par administrateur le 15 avril 2014

Dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, les SS du bataillon blindé de reconnaissance de la 12e SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » qui se trouvent dans un convoi en provenance de Bruxelles à destination de la Normandie, massacrent 86 civils de la commune d’Ascq, petite commune de 3 500 habitants située à sept kilomètres à l’est de Lille. Ce massacre intervient à la suite d’un acte de sabotage sur la voie ferrée, perpétré par des cheminots- résistants du « groupe d’Ascq », réseau Voix du Nord, sabotage qui visait en réalité un train de marchandises. En effet, ce type de sabotages ciblés est effectué pour éviter trop de bombardements alliés qui visent les grands axes ferroviaires et les gares de triage ce qui, début avril 1944, a déjà provoqué de nombreux morts dans la population du Nord-Pas de Calais (rappelons que le Nord pas de Calais a subi environ la moitié des bombardements alliés effectués sur l’ensemble du territoire national pendant l’ensemble de la guerre…).

Le premier convoi de la « Hitlerjugend », dont les plus jeunes soldats se sont engagés à l’âge de dix sept ans voire même de seize ans et demi, s’est intercalé entre l’express Bruxelles-Lille et le train de marchandises, ce que ne pouvait pas savoir le groupe de résistants. Les explosifs posés sur l’aiguillage, près du passage à niveau, ne font que légèrement dérailler la locomotive et les deux premiers wagons seulement chargés de matériel militaire. Aucun blessé n’est à déplorer parmi les SS…

Cependant la population de ce petit bourg, jusque-là sans histoire, se trouve brutalement confrontée à la guerre totale menée par les nazis : la rafle commence à 23 h 15 et va durer pendant deux heures : sur les ordres du chef de convoi, le lieutenant Walter Hauck qui applique les ordres de représailles collectives donnés par le commandant de la division, quatre commandos sillonnent les rues de part et d’autre du passage à niveau, défoncent les portes, emmènent, dans un premier temps, des hommes et des femmes de tout âge. Beaucoup sont roués de coup, dix hommes sont abattus dans le bourg dont le curé et le vicaire qui tentaient de s’interposer.

Soixante-dix hommes de quinze à soixante-quinze ans sont amenés, par pelotons successifs, le long de la voie ferrée, abattus à la mitrailleuse et achevés d’une balle dans la tête.

Le massacre s’arrête à 1h 15 le matin du 2 avril, dimanche des Rameaux, grâce à l’intervention de la Feldgendarmerie de Lille , prévenue grâce aux appels au secours répétés du facteur enregistrant de la gare d’Ascq. 45 hommes du dernier peloton échappent de justesse au massacre.

Le bilan est terrible : 86 morts, 11 blessés dont certains impotents, 75 veuves et 127 orphelins. Ce massacre, malgré la censure allemande, va être connu dans toute la région. Les funérailles, le 5 avril, attire une foule considérable et les appels à la cessation du travail sont suivis dans de nombreuses entreprises. Maurice Schuman évoque le massacre le 12 mai 1944 sur les ondes de la BBC.

En 1949, neuf des anciens membres de la division « Hitlerjugend » sont jugés à Lille dont le lieutenant Hauck. En vertu de la loi votée en 1948, dite « Loi Ascq-Oradour », (loi qui fait d’un membre quelconque de la division incriminée un responsable des exactions commises par ses compagnons) huit sont condamnés à mort dont Walter Hauck, le seul à avoir été reconnu par les témoins. Mais, à la suite de l’amnistie des SS alsaciens de la division « Das Reich », responsable du massacre d’Oradour, Walter Hauck et les autres condamnés sont amnistiés en 1955 par le président de la République, Monsieur René Coty. Walter Hauck est libéré en 1957 à la suite de remises de peine successives.

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LA RÉVOLTE DU 1er REGIMENT ETRANGER DE PARACHUTISTES

Posté par administrateur le 5 avril 2014

« Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie / Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie / Entre les plus beaux noms,  leur nom est le plus beau / Toute gloire près d’eux, passe et tombe éphémère / Et comme le ferait une Mère / La voix d’un Peuple entier, les berce en leurs tombeaux  / Gloire à notre France éternelle / Gloire à ceux qui sont morts pour elle / Aux martyrs, aux vaillants, aux forts / A ceux qu’enflamme leur exemple / Qui veulent place dans le temple / Et qui mourront, comme ils sont morts » (Victor Hugo – « Les Chants du crépuscule ») 

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… 12 Novembre 1960

Une nouvelle consternante parvient dans les unités parachutistes. Dans les Aurès, les fells ont surpris un groupe de combat du 1er REP à sa descente d’hélicoptères, faisant 11 morts et 6 blessés graves.

15 Novembre 1960

Dans la chapelle de l’hôpital Maillot à Alger, eut lieu la cérémonie militaire et religieuse en l’honneur des légionnaires tombés le 12. Ils allaient maintenant reposer comme tant d’autres dans cette terre d’Algérie qu’ils avaient défendue jusqu’à l’ultime sacrifice et qui était la leur désormais.

 Au cimetière de Zéralda –qui gardera à jamais, dans son « carré légionnaire » les dépouilles mortelles de ces soldats morts pour la France- l’aumônier de la 10ème Division Parachutiste, le Père Delarue, bien qu’habitué à conduire des légionnaires à leur dernière demeure, se sentait, devant tous ces cercueils, bouleversé. Ce qui le mettait en rage, lui, prêtre, c’était l’absurdité de cette mort si elle ne correspondait plus à un sacrifice exigé par la Nation. Onze cadavres inutiles et scandaleux… Onze cadavres de plus dans cette longue liste… Et sa détresse, sa lassitude étaient immenses, de cette guerre où des hommes valeureux payaient de ce qu’ils avaient de plus cher pour racheter l’incompétence, la veulerie, les fautes et les palinodies de leurs gouvernants.

 Tous écoutaient, muets et bouleversés, les dernières prières douloureuses de l’aumônier. Des paroles simples lui venaient aux lèvres. Il disait :

 « Vous étiez venus de tous les pays d’Europe où l’on aime encore la liberté pour donner la liberté à ce pays… La mort vous a frappés en pleine poitrine, en pleine face, comme des hommes, au moment où vous vous réjouissiez d’avoir enfin découvert un ennemi insaisissable jusque-là… »

 Et, d’une voix forte, il ponctua en criant presque :

 « Vous êtes tombés au moment où, s’il faut en croire les discours, nous ne savons plus, ici, pourquoi nous mourons ! »

Puis le clairon, gonflant ses joues et les veines de son cou, lança vers les airs cette courte sonnerie saccadée : la sonnerie aux morts.

« Notre Père, qui êtes aux Cieux… » commença le prêtre, de sa voix qui tremblait et qui n’avait pas son impassibilité habituelle. Et tandis que se continuait le Pater, chez ces grands enfants qui écoutaient, recueillis, se reflétait un immense chagrin au souvenir de leurs camarades de combat. Chez certains, les yeux devenaient troubles comme sous un voile et, à la gorge, quelque chose s’étranglait. Sur toutes ces têtes alignées, flottait pour la dernière fois, l’ombre de ceux qui étaient morts, parce que la France, une dernière fois, le leur avait demandé. Et quand le prêtre, après un arrêt, et la voix plus grave encore, prononça les derniers mots de l’Ave Maria, d’une simplicité sublime : « Sainte Marie mère de Dieu… priez pour nous, pauvres pécheurs… maintenant… et à l’heure de notre mort », tout à coup, sur les joues de ces hommes rudes que l’on qualifiait « d’inhumains », de brusques larmes coulèrent, qui jaillissaient rapides et pressées comme une pluie…

L’émotion avait atteint un degré douloureux. La foule pleurait en silence communiant dans la douleur avec « ses soldats », « ses légionnaires ». Puis le nouveau chef du 1er REP, le Colonel Dufour,  s’avança à son tour pour dire adieu à ses hommes. Il énuméra les noms de ceux qui ne feraient plus le chemin, tant rêvé, du retour dans leur foyer. Ces noms qui, bientôt ne vivraient plus que dans le cœur des mères, émurent le silence, cognèrent aux poitrines, bâillonnèrent les gorges et mouillèrent de nouveau les yeux. Puis il termina par ces mots :

« Il n’est pas possible que votre sacrifice demeure vain. Il n’est pas possible que nos compatriotes de la Métropole n’entendent pas nos cris d’angoisse ».

Il salua ; les clairons sonnèrent : « Au drapeau ». Les détachements présentèrent les armes et défilèrent, les yeux tournés vers les tombes. Les visages graves, bronzés et maigres, recelaient toutes les tristesses cachées, toutes les tares et tous les deuils qui les avaient amenés là.

« Nous ne savons plus ici pourquoi nous mourrons… » Ces paroles du père Delarue allaient avoir un écho immédiat : il allait, sur le champ, être banni d’Algérie et exclu des unités parachutistes.

« Si quelqu’un veut savoir pourquoi nous sommes morts, dites-leur : « Parce que nos pères ont menti ! » s’était écrié Rudyard KIPLING, après que son fils fut tué à la bataille de LOOS en 1915.

 

Trois semaines plus tard, le Colonel Dufour fut relevé de son commandement pour avoir exprimé en public ses sentiments « Algérie française » et fut prié de quitter le sol algérien avant le 9 décembre 1960, date d’arrivée de de Gaulle à Oran. Ecarté de la Légion, affecté en Métropole, le Colonel Dufour choisira quelque temps plus tard la clandestinité et rejoindra, en Algérie, les rangs de l’OAS.

      8 Janvier 1961

            Un événement tout à fait extraordinaire venait de se dérouler au 1er REP. Pour la première fois depuis le début des guerres d’Indochine et d’Algérie, des officiers de cette prestigieuse unité refusaient de partir en opération. Ils se mettaient en grève ! Unanimement hostiles à la politique algérienne du général de Gaulle, ils n’acceptaient plus de voir mourir leurs légionnaires alors que l’indépendance de l’Algérie semblait inéluctable. A quoi pouvaient désormais rimer ces opérations incessantes et meurtrières à l’heure où le chef de l’état clamait qu’il voulait en finir à n’importe quel prix avec le « boulet algérien ». L’absurdité dépassait les bornes. Ils avaient donc décidé de faire la « grève de la mort ».

            Un vent de panique souffla à tous les échelons de la hiérarchie. Quoi ! La « grève de la mort » ? Impensable pour des hommes qui étaient « soldats pour mourir » !

Une pluie de sanctions s’abattit sur les révoltés qui furent mis aux arrêts et mutés immédiatement en Métropole. L’un d’eux, le Lieutenant Roger Degueldre fut affecté au 4ème Régiment Etranger d’Infanterie mais il refusa de rejoindre son nouveau corps. Le 25 janvier 1961, il entra dans la clandestinité. Les dés de son destin étaient jetés. Une légende naissait…

            A Zéralda, fief du 1er REP, le cœur n’y était plus et les questions que posaient les cadres rescapés de la purge n’obtenaient aucune réponse de la hiérarchie : le drapeau du FLN va-t-il flotter sur Alger ? Après avoir été vaincu sur le terrain, le FLN y sortira-t-il vainqueur ? Que vont devenir les Européens ? Et les Musulmans ralliés au drapeau français, eux qui ont cru aux promesses de l’armée ? Après l’Indochine, l’Algérie… L’armée sera-t-elle donc éternellement vaincue, éternellement parjure ?

Et de mains en mains l’on se passait une lettre. C’était une missive vieille de 2000 ans. Le texte, rapporté par Suétone, était de Marcus Flavinius, centurion à la 2ème cohorte de la légion Augusta. Destiné à son cousin Tertullus, il avait été écrit en Numidie, ainsi que s’appelait l’Algérie à l’époque romaine : « Si nous devions laisser nos os blanchis en vain sur les pistes du désert, alors que l’on prenne garde à la colère des légions ! »

La colère des légions ! Elle se concrétisa le 22 avril 1961 avec le soulèvement des plus belles unités de légion et de parachutistes… et se termina par la dissolution du 1er REP.

 

José CASTANO

 

e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

http://popodoran.canalblog.com/archives/2011/04/05/20823212.html

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GUERRE D’INDOCHINE en IMAGES : DIEN BIEN PHU

Posté par administrateur le 3 décembre 2013

DIEN BIEN PHU EN IMAGES (Source ECPAD)

 

Et jamais cette question n’a été posée aux Vietnamiens « A Dien Bien Phu, vous avez capturé 11.721 soldats de l’Union française, valides ou blessés. Après les accords de Genève, vous nous en avez rendus 3.290. Ils en manquent 7.801. Que sont-ils devenus ? »

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La bataille d’Austerlitz

Posté par administrateur le 2 décembre 2013

La bataille d’Austerlitz dit aussi bataille des trois empereurs eut lieu le 2 décembre 1805 soit un an jour pour jour après le sacre de Napoléon. Elle met un terme à la campagne d’Autriche avec les Austro-Russes, membres de la troisième coalition. La décision de la campagne fut prise à Boulogne : l’empereur des Français s’apercevant qu’il ne pouvait envahir l’Angleterre par la mer, décida de frapper les autres membres de la coalition sur terre.

La bataille d’Austerlitz dans Histoire Austerlitz-baron-Pascal

Après plusieurs victoires (dont Ulm et l’occupation de Vienne), Napoléon cherchait la bataille décisive depuis quelques jours, alors que les Austro-Russes s’y refusaient, Kutusov attendant l’arrivée d’un corps d’armée en renfort. Ayant reconnu le terrain à la fin de novembre, Napoléon manœuvra afin de se laisser couper de la route de Vienne par les forces adverses. Se sentant en position de force, celles-ci acceptèrent le combat, sur le plateau de Pratzen, que Napoléon occupait le 30 novembre. Lorsque les Austro-Russes approchèrent, il abandonna cette position dominante à ses ennemis.

Au matin du 2 décembre, les Autrichiens occupaient le plateau de Pratzen, orienté Nord-Sud, avec deux corps d’armée, l’un formant le centre du dispositif des coalisés, et l’autre l’aile gauche. Les Russes formaient l’aile droite. Face à eux, séparés par un ruisseau qui coulait au pied du plateau, se trouvaient deux corps français seulement, placés en face du centre et de l’aile droite ennemis : l’aile droite française, commandée par Davout, était encore en chemin le matin de la bataille. Les premiers éléments arrivèrent une heure avant le lever du soleil. Les positions sur le terrain

 

Voyant l’aile droite française dégarnie, François II fit faire mouvement vers le sud à ses deux corps, pour envelopper l’armée française par un mouvement tournant. Le corps incomplet de Davout eut à soutenir le choc de ce mouvement. Quand le mouvement autrichien fut suffisamment engagé, Napoléon fit attaquer son centre, commandé par Soult, qui escalada le plateau et tomba sur le flanc du corps autrichien en mouvement. Il provoqua une débandade, qui finit dans un lac gelé au Sud, et coupa les soldats autrichiens des Russes, que Kutusov fit reculer en bon ordre afin de les préserver.

Napoléon utilisa une manœuvre inhabituelle car lorsque les forces de Kutusov attaquèrent, il n’accorda à son flanc droit que le minimum de renforts pour résister permettant d’envoyer 17 000 hommes charger le centre adverse. Ce dernier, après une violente fusillade, fut mis en déroute, ce qui sépara l’armée alliée qui recula rapidement.

Cette bataille entre dans la légende de la stratégie et de la communication militaire. À son issue, l’Empereur proclame son plus célèbre discours.

50 drapeaux, enlevés à l’ennemi allèrent orner la voûte de l’église Saint-Louis-des-Invalides à Paris et le bronze de 180 canons russes ou autrichiens servit à l’édification de la colonne Vendôme.

 dans Histoire

La victoire française fut suivie du traité de Presbourg (aujourd’hui Bratislava, capitale de la Slovaquie), qui marqua la fin de la troisième coalition, consacra la fin du Saint Empire romain germanique et reconnut la souveraineté de la France sur l’Italie.

Le poste de commandement de Napoléon se trouvait sur une petite éminence qui domine les plaines alentour. Une table d’orientation représentant la disposition des différentes armées y a été installée, sous un bouquet d’arbres. Quelques dizaines de mètres carrés alentours appartiennent à la France.

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GUERRE D’INDOCHINE en IMAGES

Posté par administrateur le 27 novembre 2013

Guerre d’Indochine 1  (Source ECPAD)

 

Voici une série de photos de la guerre d’Indochine, souvenirs pour certains, découvertes pour d’autres, un moment de l’histoire de France.

 

Remerciements au site http://www.ppsmania.fr/author/patagon/

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Au camp n°1

Posté par administrateur le 19 octobre 2013

Au camp n°1 dans Histoire folder

Pour nous c’était presque le paradis: la fin de la marche, un toit pour nous abriter de la pluie, la joie de retrouver des frères d’armes prisonniers depuis de nombreuses années.

Aussitôt ils nous ont entourés de leur sympathie et de leur amitié et nous ont fait profiter de leur   expérience de la vie de prisonnier.
 L’un d’eux, le Médecin-lieutenant ANDRE, m’a donné, tel St-Martin, un short pour remplacer mon pantalon de treillis en charpie.

 De leur côté, ils étaient avides des nouvelles de la France, de la guerre, des spectacles parisiens, des chansons à la mode… de la vie

 Rapidement nous avons été intégrés aux activités du camp, elles comprenaient trois grands volets: les   corvées, l’éducation politique, les loisirs.

 

 

LES CORVEES: Tous les matins au rassemblement étaient répartis les « hommes » – il n’y avait plus de grades – affectés aux corvées essentielles à notre survie.

La première de toutes, était le ravitaillement en riz. Une trentaine d’hommes allait chercher, à une vingtaine de kilomètres, le paddy. Un seul bo-doi les accompagnait, car, toute évasion était impossible, dans un pays hostile où même les buffles nous repéraient à l’odeur. Ce paddy était transporté sur le dos ou, pour les plus habiles, avec le balancier en bambou que l’on
désignait sous le nom de « maolen » qui signifie « plus vite ».
Il était ensuite décortiqué avec des meules rudimentaires faites en bambou et de très faible rendement. Le riz ainsi obtenu était cuit par une remarquable équipe de cuisiniers.

D’autres hommes étaient chargés du bois pour la cuisine et la construction de baraquements (Ka-Nha). A l’exception des malades et des blessés, incapables de  bouger, tout le monde était occupé .

L’EDUCATION POLITIQUE : Elle était quotidienne, il fallait faire de nous des « hommes nouveaux ». Il y avait des séances d’information et de formaton des meetings où les mêmes sujets étaient abordés sans cesse: la paix, la lutte des peuples, les méfaits de la politique capitaliste et impérialiste, la sale guerre d’Indochine, la clémence d’Ho-Chi-Minh (oncle Ho) et du « vaillant peuple vietnamien » qui, non seulement nous laissaient la vie sauve, mais nous permettaient de vivre et de nous éduquer.

Enfin, des séances d’auto-critique où nous devions confesser des fautes, le plus souvent imaginaires. Elles semblaient satisfaire les chefs du camp, mais, provoquaient chez nous des rires plus ou moins dissimulés.

Le plus pénible, était la rédaction de manifestes contre la « sale guerre d’Indochine ». Ces manifestes nous posaient de graves problèmes. Si on refusait d’y participer, c’était la vie du camp qui progressivement s’altérait : corvées plus dures, rations alimentaires en baisse, disparition du peu de médicaments dont nous disposions, arrêt de la distribution du courrier, si rare et tant espéré… Si on acceptait, nous savions qu’après des discussions interminables, le texte définitif serait celui rédigé par les autorités du camp et avec lequel nous ne pouvions être d’accord.

 Sachant, par expérience, le peu d’impact de ces manifestes sur le moral de l’Armée Française, nous avons, à deux reprises, et après des palabres qui se terminaient fort tard dans la nuit, accepté ce genre de soumission.

LES LOISIRS : Ce sont les quelques heures qui restent entre les corvées et l’éducation politique.

 Nous avions à notre disposition quelques ouvrages nettement orientés et surtout, des exemplaires du journal l’Humanité vieux de plusieurs semaines où nous retrouvions les slogans qui nous étaient répétés à longueur de journée. lls étaient quelque fois empruntés, mais souvent transformés en papier à cigarette. En effet, les Anciens étaient arrivés à cultiver un excellent tabac. C’est là que j’ai pris ce vice, il ne m’a pas quitté. Plus agréable, étaient les réunions entre amis. Certains s’étaient révélés d’excellents conteurs, d’autres nous faisaient profiter de leurs connaissances en des domaines particuliers : mécanique, auto, peinture, musique, littérature… Des parties de bridge ou d’échecs réunissaient les joueurs grâce à des cartes ou des Pions taillés dans des bambous.

Une fois, nous avons eu une séance de cinéma en plein air, je ne me souviens plus du titre du film projeté. Mais, pour tous, l’idée fixe c’était la LIBERATION, tant désirée, véritable obsession de nos rêves, très souvent, entre nous, nous rêvions à haute voix. Ils se ressemblaient tous : la joie de retrouver la famille, les menus gastronomiques minutieusement détaillés, les voyages, l’auto, le frigidaire… et surtout plus de marche à pied.

Par contre, la solitude et l’épuisement physique nous mettaient à l’abri de toute préoccupation charnelle.

Tout cela, c’était la vie quotidienne, dans cet emploi-du-temps, trois domaines conditionnaient notre survie : la nourriture, la santé, la spiritualité.

LA NOURRITURE -. Théoriquement nous avions droit à 1200 gr de riz par jour ou son équivalent, car le riz était alors l’étalon or du Viet-Minh.

Nous prenions trois repas quotidiens : une petite soupe fluide le matin, à midi et le soir un plat de riz un peu plus conséquent, agrémenté parfois de minuscules morceaux de viande (porc, poulet ou buffle) et accompagné de quelques rares légumes (pouces de bambou ou liserons d’eau);

Lorsque cette ration était respectée, nous ne souffrions pas de la faim, mais des carences alimentaires, et notamment le béri-béri apparaissaient.

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LA SANTE : Grâce à tous les médecins regroupés dans ce camp et à la solidarité de tous les prisonniers, le Camp n° 1 n’a pas connu les effroyables hécatombes des autres lieux d’internement.

 Les mesures d’hygiène et de prophylaxie étaient respectées. Nous ne buvions que de l’eau bouillie. Les feuillés, en nombre suffisant, étaient utilisés par tous et bien entretenues. La chasse aux moustiques, mouches, rats et autres parasites était constante. Les ustensiles de cuisine étaient régulièrement lavés et flambés.

Grâce à une charmante rivière qui coulait au pied du camp et à la cendre des cuisines, les soins de propreté corporelle étaient assurés. il y avait même un coiffeur qui, avec adresse, taillait les cheveux trop longs.

Un comité d’hygiène, était élu, car, nous votions, démocratie oblige, pour désigner les « Chefs » d’un peu tout: responsables de l’organisation, des cuisines, de l’hygiène, des loisirs, de la production, de la paix et j’en passe. Ce comité d’hygiène, comprenait de nombreux médecins, il préconisait chaque semaine les consignes particulières et veillait à ce qu’elles soient bien appliquées.

Pour les malades, la situation était beaucoup plus dramatique. Nous n’avions pratiquement pas de médicaments alors que tous souffraient de paludisme et de dysenterie ; sans parler d’autres affections. avitaminoses, ictères, spirochétoses, affections pulmonaires ou séquelles de blessures.

Le Médecin-chef en titre était un infirmier Viet-Minh. Les derniers mois de captivité, j’ai été son assistant. En fait, ce n’était pas un mauvais garçon. Il me laissait me débrouiller avec ce que j’avais, c’était fort peu – En effet malgré les parachutages de médicaments et de vivre par l’Armée Française, les autorités V.M. n’accordaient presque rien aux prisonniers. Nous n’avions que quelques comprimés de nivaquine, quelques ampoules d’émétine et un peu de permanganate.

Il a toujours été très difficile de réserver ces médicaments aux seuls cas les plus graves. Tous ou presque voulaient en bénéficier, même si le traitement ainsi dilué était alors inefficace. Heureusement que j’avais l’aide et l’appui de tous mes confrères, dans cette difficile sélection.

J’essayais d’ailleurs, de remplacer notre pharmacie inexistante, par des potions de notre fabrication, en particulier, pour les diarrhéiques, une tisane de goyave mélangée à la poudre de charbon de bois, récolté aux cuisines, et qui avait quelques succès.

Comme toute bonne administration, j’étais tenu, lorsque la visite, de noter les noms des consultants et de mettre une croix en face des cinq diagnostics qui m’ étaient proposés paludisme aigu, paludisme chronique, dysenterie aigue, dysenterie chronique, autres maladies.

Pour clore ce chapitre, je dois préciser que nous connaissions, plus ou moins, la situation sanitaire catastrophique des camps d’hommes de troupe. Tous les médecins du Camp n° 1 s’étaient portés volontaires pour rejoindre ces bagnes. Cela nous a toujours été refusé. Selon les autorités du camp, le Service de Santé Viet-Minh, était parfaitement apte à faire face à ces problèmes, beaucoup mieux que nous, médecins égarés et déformés par notre éducation impérialiste.

 

LA SPIRITUALITE : Elle était assurée par des aumôniers militaires, également prisonniers. Leur tâche était particulièrement difficile dans le contexte marxiste du camp. Bien entendu, la messe était rigoureusement interdite et les objets du culte avaient été confisqués. Tous les dimanches cependant ils organisaient, plus ou moins clandestinement, une réunion de prière où se retrouvaient croyants et incroyants, venus chercher un espoir dans une vie qui n’en avait plus. Ces aumôniers, qui par ailleurs étaient astreints aux mêmes activités que l’ensemble de la communauté, avaient un rôle très important pour soulager les malades, les mourants et tous ceux qui avaient besoin d’un confesseur.

Le 20 juillet 1954, les accords de GENEVE sont signés. Nous retrouvons l’espoir d’une libération prochaine.

Cependant, les nouvelles les plus contradictoires continuaient de nous être données, elles nous faisaient passer de l’espoir, au doute, sinon au désespoir… en pratique nous étions toujours internés.

C’est seulement vers le 20 août que nous avons quitté le Camp n° 1 pour rejoindre VIETRI, où nous avons été libérés le 1er septembre 1954.

Dans ce camp de transition, c’était la fête, mais elle était organisée et imposée par nos geôliers.

Dans un premier temps, on nous a rendu, au moins à ceux de Diên Biên Phu, tous les objets confisqués au moment de la captivité. Avec l’argent retrouvé, je me suis offert, à prix d’or, une boîte de lait nestlé et un paquet de « troupes »… c’était la béatitude.

Ensuite, on nous a équipé de deux tenues de bo-dois neuves, d’un casque en latanier et d’une paire de sandales taillées dans des pneus, alors que nous avions vécu en haillons jusque là.

En précurseurs sur la mode, nous avons même eu droit à une épinglette : la colombe de Picasso.

Enfin, on nous a distribué un boudin de riz, pour nous permettre de survivre dans le monde capitaliste et corrompu dans lequel nous allions retourner.

Le soir, un grand, un très grand dîner nous a été offert par le « vaillant peuple vietnamien » servi par des jeunes filles de l’armée et accompagné par un orchestre qui nous a joué des rengaines populaires… nous n’avons quand même pas dansé.

Le lendemain, au moment d’embarquer sur un LC.T. de la marine Base, l’orchestre a joué, oh ironie « ce n’est qu’un au revoir »… nous n’entendions plus rien, trop heureux de nous sentir LIBRE.

Pour CONCLURE ce récit, je voudrais revenir une dernière fois sur ce qui m’a semblé essentiel pendant ces longs mois d’enfer et qui nous a permis de survivre : c’est l’amitié, la fraternité, la solidarité qui nous ont réunis… c’est presque de l’amour.

 

[Témoignage méd 1]

http://www.dienbienphu.org/francais/captivite/camp_n1.htm

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Le Dernier Samouraï – La Véritable Histoire

Posté par administrateur le 15 août 2013

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Jules Brunet, né le 2 janvier 1838 à Belfort et mort le 12 août 1911 à Fontenay-sous-Bois, est un officier militaire français dont le point culminant de la carrière est son activité lors d’une mission d’instruction au Japon. En effet, suite aux difficultés du Shogun qui conservait encore pour un temps le pouvoir politique, cet instructeur d’artillerie venu moderniser son armée de samouraïs, se joignit ensuite à ses troupes contre le nouveau pouvoir impérial nippon.

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La Premiére guerre d’Indochine (1946-1954).

Posté par administrateur le 10 août 2013

La Guerre d’Indochine s’est déroulée de 1946 à 1954 en Indochine française, et a opposé les forces du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) français, soutenu à partir de 1949 (victoire communiste en Chine) et surtout 1950 (guerre de Corée) par les États-Unis, aux forces du Viêt Minh (Front de l’indépendance du Vietnam) nationaliste et communiste, soutenu par la Chine (à partir de 1949) et l’Union soviétique. Elle s’est conclue par la victoire du Viêt Minh, sous la conduite d’Hồ Chí Minh. Celle-ci coïncide sensiblement avec le début de la guerre d’Algérie, qui durera huit ans elle aussi, et qui a peut-être été encouragée par cette défaite coloniale de la France.

 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir le très bon résumé de cette guerre.

http://tribouilloyterminales.over-blog.com/article-26925273.html

 

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60e anniversaire de la fin de la guerre d’Indochine en 2014

Posté par administrateur le 4 août 2013

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M. Serge BARCELLINI, conseiller auprès de M. Kader ARIF, ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des anciens combattants, s’est
exprimé sur l’importance du 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Indochine en 2014, en regard des cérémonies du Centenaire de la Première Guerre mondiale et du 70e anniversaire des débarquements de Normandie et de Provence.

Cette intervention s’est tenue lors de la réunion du Comité National d’Entente des anciens d’Indochine (CNEI), le 27 juin 2013 au siège de
la FNAM.

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